Vidéo Intégrale
« ALMA MATER » – 150 ans de l’UCO
Angers – FRANCE
Palais Universitaire de l’Université Catholique de l’Ouest
Août 2024
« Alma Mater. »
Avant-propos
L’absence à Angers d’enseignement universitaire d’État en 1875 pour les matières essentielles que sont le Droit, les Lettres, Sciences et Théologie à la fin du XIXe peut paraître incongrue étant donné l’importance du centre intellectuel qu’ont représenté Angers et l’Anjou dans l’Histoire de France. L’Université d’Angers crée vers 1337 fut supprimée en 1793. Du règne de René d’Anjou à la fondation de l’Académie d’Angers sur lettres patentes de Louis XIV en 1685 et dont Gilles Ménage, Gabriel de La Boulaye ou René Bazin furent membres, les sociétés savantes et académies ne manquaient pas alors en Anjou.
La Terreur porta un coup fatal à l’enseignement supérieur angevin, il n’y aura plus, après la Révolution, d’université à Angers, l’Université d’État ne faisant son retour qu’en 1971. On peut s’étonner de ce vide sidéral d’environ un siècle sans que, ni la Restauration ni le Second Empire n’aient su combler cette lacune, la République laissant elle aussi l’Anjou démuni jusqu’à la fin du XXe siècle..
Et l’on comprend mieux que Mgr Charles Emile Freppel, évêque d’Angers, membre du Conseil Supérieur de l’Instruction Publique, député du Finistère se soit empressé d’agir dès qu’il eut vent de la préparation d’une loi autorisant l’installation de l’enseignement supérieur libre là où l’enseignement de l’État faisait défaut. Sa compréhension salutaire de cette brêche de très courte durée, à peine deux ans, ouverte par la loi Laboulaye en 1875, fut immédiate et il déposa avant toutes les autres villes éligibles les statuts d’un établissement d’enseignement libre, l’Université Catholique de l’Ouest, le 26 octobre 1875, prenant de court les anti-cléricaux souhaitant réglementer la loi nouvelle pour en atténuer les effets.
L’intuition de Freppel et la vivacité de sa foi alliées à sa certitude d’arriver à ses fins, après que les modérés aient enfin obtenu le vote et la proclamation de la loi sur la liberté d’enseignement, permit de matérialiser le projet. Une telle législation reflétait la volonté des français et devait s’imposer dans un pays de tolérance attaché à la liberté d’instruction, malgré l’obstruction des catholiques de la gauche libérale à la manœuvre.
Mgr Freppel réussit néanmoins à rassembler sous la voute de tuffeau du Palais Universitaire angevin les évêchés des grandes villes de l’Ouest que sont Tours, Le Mans, Rennes et Laval pour renforcer la puissance de l’UCO et ne pas éparpiller les efforts ni les deniers dans une partie de la France où la résistance, voire l’hostilité pouvaient être fortes, au sein de l’Église et des communautés catholiques libérales.
Sans compter la montée de l’anticléricalisme au sein de l’État Républicain tout puissant. Ni l’orgueil des prélats, ni les pouvoirs publics n’arriveront à contrecarrer son audace. Il aura raison des jalousies diocésaines des premiers jours et exploitera l’incapacité des gouvernements de la République à créer une alternative à son entreprise, pas d’université publique à Angers avant 100 ans, laissant la route dégagée pour l’UCO.
L’UCO devra cependant surmonter de graves crises existentielles au cours de son histoire.
Dramaturgie
L’œuvre est n’a pas vocation à raconter par le détail l’histoire de la création de la faculté catholique d’Angers, de ses fondateurs et bienfaiteurs mais d’en exprimer les mécanismes, les principes fondateurs et les valeurs morales en s’adressant à un public varié composé d’érudits de l’UCO et de profanes venant de l’extérieur, un public multiple et pluriculturel.
Il s’agit de toucher les cœurs et les esprits par des images sublimant l’architecture et les messages de l’histoire par une travail graphique et musical où le sens donné aux tableaux est libre à l’interprétation selon la culture propre à chaque spectateur. Faire comprendre le contenu du projet de Freppel en puisant dans les symboles représentant l’UCO dans une œuvre picturale éclairée retraçant sa création depuis l’avènement de la 3e République jusqu’à la 5e ébranlée d’aujourd’hui.
Il s’agit d’une œuvre onirique, établie à partir d’ouvrages documentés, d’images issues des archives et collections de l’Université, utilisant des figures de style visuelles, appuyant les contenus par la polychromie, celle des emblèmes de l’UCO pour en préciser le sens dans des tableaux thématiques. Ainsi débute le prologue par le Noir, introduisant l’absence laissée par les révolutionnaires dans une allégorie de la Création du Monde, empruntant à Lurçat et à Maurice de la Pintière les rayons dorés et lumineux irradiant un univers en construction.
A partir de l’œuvre de La Pintière se tracent les contours d’un mandala où se développeront les différentes matières universitaires identifiées par leurs couleurs vives des toges, des rouges, des jaunes, des violets.
Tout au long de l’œuvre s’opère un processus de description des valeurs de l’UCO commençant par la création de l’Université et s’étendant à l’origine aux territoires d’enseignement cardinaux (Nord Sud Est Ouest) existant représentés par leurs cathédrales traitées à la manière de chasses dorées contenant les sources du Savoir. Les cours d’eau passant au pied des sanctuaires transportent sur leurs eaux vives les flux de connaissances irriguant les régions de l’Ouest et se rejoignant à Angers, nouveau centre de l’enseignement universitaire religieux, sous l’impulsion de Freppel.
De la façade irradiée par un rayonnement lumineux et protecteur de la Vierge apparait le tétramorphe quadrilobé des disciplines fondatrices initiant un vaste mandala qui articule les étapes de la fondation et rétablit l’ordre dans le désordre. Chaque thématique s’extrait du mandala et se développe au centre du discours, dans diverses géométries, agrège des images symboliques et forme une représentation du corpus de l’enseignement et des valeurs de l’UCO.
Le tableau se complète au fur et à mesure du développement de l’œuvre pour former un ensemble dans une mécanique constructive en mouvement constant jusqu’à nos jours, figurée par le mandala de la Pintière illustrant la volonté de progrès et d’innovation de l’UCO.
Se traitent tout au long de l’œuvre :
- la genèse de l’UCO dans sa géographie et la convergence des savoirs au prologue
- la création des 4 facultés sur l’initiative de Mgr Freppel entre 1875 et 1879 dans
- l’acte 1 par les couleurs, les attributs et des monuments emblématiques associés aux matières enseignées.
- les figures des illustres ayant enseigné les valeurs de l’UCO à l’acte 2 à travers des portraits grand format de professeurs peints à la couleur de leur époque, associant pour chaque matière leurs visages à l’enseignement des principes de l’éducation, à l’université catholique et à la modernité entre 1870 et 1970
- les chaos de l’histoire, les succès, le rayonnement, l’expansion, la culture et les ouvertures vers l’international depuis la fin du XXe siècle à nos jours à l’acte 3.
- Un final festif dit épilogue fera entrer le public en communion avec l’UCO à travers les visages des étudiants aujourd’hui.
Xavier de Richemont – 2026 – UCO 150ans
© Xavier de Richemont 2026
























